
Propos liminaires
Richard III est l’une des pièces de Shakespeare les plus connues et les plus jouées de par le monde. L’histoire de ce roi contrefait, petit et cruel, mais d’une intelligence redoutable mise au service d’un féroce appétit de pouvoir est propre, en effet, à frapper les imaginations.
Shakespeare dédaigne la caricature historique du nabot laid et sournois, proche de la démence paranoïaque au point qu’il massacra presque toute sa famille, pour s’intéresser par-dessus tout à la perfidie de son personnage qui utilise tour à tour la peur, la flagornerie et la calomnie pour obtenir ce qu’il veut de ses adversaires et assouvir ses appétits de puissance comme ses plus bas instincts: il parvient à séduire et à épouser la princesse Anne dont il a pourtant fait tuer le mari et le père.
L’un des moments forts de la pièce est la rencontre avec Tyrrel à qui Richard confie le soin d’exécuter les deux fils de son frère, le défunt roi Edouard IV, emprisonnés dans la Tour de Londres parce qu’ils les considèrent comme des obstacles dans sa marche vers le trône d’Angleterre.
Quel parallèle peut-on établir entre la Cour de ce monarque rusé et sanguinaire et les coulisses de la scène politique occidentale contemporaine ?
Si l’on en juge par les méthodes jusque récemment employées par le cynique Karl Rove agissant dans l’ombre de Georges W. Bush aux Etats-Unis ou par Alastair Campbell dans celle de Tony Blair, deux spin doctors talentueux, orfèvres de la petite phrase assassine, experts du retournement d’opinion, on peut considérer que notre Richard III compte aujourd’hui de dignes héritiers.
Certes, le rôle déterminant que joue aujourd’hui le contrôle des médias dans une stratégie de conquête du pouvoir n’avait évidemment aucun équivalent au 15ème siècle, mais il ne faut pas perdre de vue le fait que le règne de Richard III en Angleterre précéda de peu celui de Laurent de Médicis à Florence. Et que Nicolas Machiavel, dans « Le Prince » retint de l’observation minutieuse qu’il fit des mœurs politiques de son époque que le vulgaire se prenait toujours aux apparences et ne jugeait que par l’évènement.
« Gouverner, c’est faire croire » : un précepte qui semble être suivi à la lettre aujourd’hui par les conseillers en communication des grands de ce monde.
Le persiflage, la désinformation, l’art du contre-feu constituent, en effet, autant d’armes dans le combat que se livrent aujourd’hui les politiques par médias interposés. Et tous les coups sont permis, même les plus bas : incursions dans la vie privée, menaces, fuites organisées sur les écarts sexuels en direction de la presse, utilisation de journalistes amis comme relais désignés des fuites, des faux scoops.
Comme souvent, le modèle nous vient des Etats-Unis : de James Baker qui avait mis au point « l’histoire du jour », événement majeur de la journée, selon la Maison-Blanche, parfois construit de toutes pièces, et diffusé par les quatre grandes chaînes de télé – dûment briefées – en ouverture du journal à James Carville, le conseiller médias de Bill Clinton, inventeur du concept de « war room » pendant la campagne présidentielle et inspirateur de la comédie hollywoodienne, baptisée « Wag the Dog » (« Des hommes d’influence »).
Convaincu de l’efficience de ces méthodes, Nicolas Sarkozy s’est à son tour entouré d’experts en communication pour les mettre en œuvre à son profit. A la fois pour promouvoir ses réformes, qu’il mène tambour battant, et pour détourner, au moment opportun, l’attention des médias des difficultés gouvernementales, le Président a choisi d’occuper à lui tout seul la scène politico-médiatique. A gauche, avec l’ouverture et le credo humaniste d’un Sarkozy honorant les cendres de Jean Jaurès et de Guy Môquet, comme à droite, faute de combattants.
Sur le volet des réformes, le mot d’ordre est l’omniprésence médiatique du Président (cf la récente polémique Montebourg/Apathie).
Sous l’ère Sarkozy, le nombre d’événements médiatisés s’est accru de 450 % par rapport à la présidence Chirac et les déplacements du chef de l’État sont passés de quatre par mois à quatre à cinq par semaine. François Hollande, entre deux siestes, avait d’ailleurs eu un bon mot pour juger cette méthode : il avait parlé de « coup d’éclat permanent » à propos de cette agitation perpétuelle.
Sur le volet, plus sombre, du dézinguage de ceux que la presse occidentale appelle communément, sous d’autres climats, les opposants au régime, il n’est que de reprendre la liste des enquêtes préliminaires ou des informations judiciaires qui ont visé ces derniers mois des personnalités politiques ou leur entourage immédiat.
Avec cette spécificité bien française de magistrats du parquet redevables au pouvoir en place de leur avancement, et soucieux de suivre, à cet effet, les instructions particulières de la Chancellerie, les règlements de comptes s’en trouvent facilités.
Un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 10 juillet 2008 ne vient-il pas de juger nos procureurs de la République inaptes à assurer le respect de la liberté individuelle et partant le plein exercice des fonctions judiciaires en raison de leur absence d’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif ?
Certes, les officines ne dataient pas d’hier et la période chiraquienne, avec Charles Pasqua au ministère de l’Intérieur, fut loin d’être d’une blancheur immaculée.
Mais jamais aucun gouvernement de la Vème République jusqu’à celui-ci n’avait eu recours de façon aussi systématique à l’orchestration et à la mise en scène d’enquêtes policières, à l’aide d’une complaisante couverture médiatique alimentée par des fuites policières ou, comme on dit dans le jargon journalistique, par des sources proches du dossier, à l’encontre de personnalités ou de simples citoyens victimes de véritables guet-apens judiciaires. Jamais le secret de l’instruction et les garanties constitutionnelles attachées au respect de la présomption d’innocence n’avaient été aussi ouvertement bafoués en France. La suppression annoncée du juge d’instruction, magistrat du siège indépendant, au bénéfice de magistrats du parquet inféodés au pouvoir exécutif est, de ce point de vue, particulièrement préoccupante.
Cette dérive inquiétante s’accompagne d’une perte de confiance inégalée des citoyens dans le fonctionnement démocratique des institutions de leur pays et d’un affaiblissement préoccupant de l’autorité de l’Etat aux yeux de l’opinion.
La petite saynète ci-dessous est le seul fruit de l’imagination de l’auteur en cette période de fêtes, toute ressemblance avec des situations existantes ou ayant existé serait purement fortuite.
Du bon usage des médias ou les vertus redécouvertes de l’ORTF
Le Président s’approcha de la fenêtre de son bureau. Dehors, dans le jardin, 2 pies donnaient de féroces coups de becs dans la dépouille d’un mulot qu’elles venaient de mettre à mort sur la pelouse présidentielle. Il lança, goguenard : « Et une fois qu’ils m’auront voté le pouvoir de désigner et de révoquer ad nutum le président de France Télévisions et de Radio France, qui nommerai-je ? » Saussez, qui songeait déjà à lui-même, s’apprêtait, pour faire diversion, à lancer le nom d’un fat de sa connaissance, quand Guaino lâcha avec un air de chattemite « et pourquoi pas votre cheval ? » Le conseiller Guéant blêmit.Qu’entendait-il par là ? Sans doute une allusion aux courses hippiques sponsorisées par son ami Dominique Desseigne ? Le Président afficha un sourire entendu…
Sa cote de popularité était repartie à la baisse dans les sondages.
Le Président inspirait même la terreur dans les chaumières : la nuit venue, autour de l’âtre, la seule évocation de son nom provoquait immanquablement la stupeur et l’effroi. A la veille des fêtes de Noël, d’honnêtes pères de famille s’échangeaient même sous le manteau une poupée vaudou à l’effigie du Président qu’il convenait de percer de part en part à l’aide de petites aiguilles. L’exercice répété dix fois dans la journée avait la réputation d’éloigner le mauvais oeil.
Il devenait urgent de reprendre l’offensive médiatique. Les médias justement…L’un de ses prédécesseurs les avait stigmatisé en les traitant de chiens. Lui excellait au contraire dans l’art du dressage : il alternait subtilement sucres et coups de trique. Tantôt il obtenait la tête d’un directeur de rédaction d’un hebdomadaire mondain coupable à ses yeux d’un insupportable voyeurisme, ou encore celle du présentateur vedette du journal de 20h de TF1, tantôt il affectait au contraire de considérer certains de ces journalistes comme des intimes, et conviait les plus méritants d’entre eux, au cours de ses périples internationaux, à des réunions “off”.
L’exemple qu’il avait fait avec PPDA qui avait osé le comparer publiquement à un petit garçon avait servi à l’édification des médias. « Grand garçon », à la rigueur, le Président se serait montré magnanime mais « petit » condamnait irrémédiablement la star du 20 heures.
En attendant, le bureau présidentiel ressemblait chaque semaine davantage à ces huttes Jivaro dont on ornait l’entrée de nouvelles têtes réduites prélevées sur le contingent des ennemis héréditaires de la tribu…
Cette attitude condescendante et autoritaire qu’il témoignait parfois envers le petit monde journalistique était d’ailleurs en train de faire des émules. Ainsi, par un beau jour de décembre, suite à un mandat d’amener délivré dans le cadre d’une procédure en diffamation, l’ancien directeur de la publication du journal Libération, Vittorio de Filippis, avait-il été transporté menotté, dès potron-minet, au dépôt du Palais de justice de Paris où il s’était vu demander par les policiers de baisser son slip, de se tourner puis de tousser trois fois avant d’être autorisé à faire ses civilités à la juge d’instruction qui avait manifesté son impatience de faire sa connaissance.
Les « spin doctors » du Président
Parmi l’aéropage de conseillers en communication qui entouraient le Président, deux d’entre eux occupaient une place à part. Le premier, Thierry Saussez, chef du service d’information gouvernementale, accompagnait Nicolas Sarkozy depuis de nombreuses années. Il avait participé à l’élaboration de la nouvelle campagne de communication entreprise par Nicolas Sarkozy depuis 2002. Il était l’un des principaux inspirateurs de cette stratégie prônant l’omniprésence du Président dans les médias.Le second, tout au contraire du premier, vivait dans la pénombre. Tout le monde l’appelait « Charon », surnom que lui avaient valu ses méthodes expéditives, en hommage au sinistre nocher qui faisait traverser aux âmes des morts l’Achéron, l’un des sept fleuves des Enfers. Il était l’âme damnée du Président, l’exécuteur des basses œuvres et inspirait une profonde terreur aux conseillers du Prince qui redoutaient plus que tout de croiser, en cours de réunion, ses petits yeux cruels enfoncés dans son visage replet. Aux maximes de La Bruyère, il préférait les répliques des « Tontons Flingueurs », c’est dire ! Son carnet d’adresses, où figuraient les numéros de téléphone de tout ce qui comptait dans le petit monde du show-biz de la capitale, l’avait rendu rapidement indispensable.
Avec Brice Hortefeux, c’était l’un des principaux pourvoyeurs de potins élyséens auprès du Canard Enchaîné. C’était commode, …on désignait tel ministre en disgrâce, tel parlementaire réfractaire à une réforme tenant à cœur au chef de l’Etat et l’intéressé finissait bientôt enfoncé jusqu’à la ceinture dans les minimares…
Mais le marasme économique dans lequel la France était plongé en cette fin d’année 2008 avait subitement enrayé cette belle machine de guerre.
Partout le peuple grondait ! Partout la révolte sonnait et les fourches se dressaient aux côtés des banderoles renvoyant insolemment à l’envoyeur son « Casse toi pauv’con ! ». Sur internet, les pamphlets contre le Président provignaient. Guaino lui avait bien dit que cette profusion de blogs lui évoquait les tripots et les cafés de Paris au 18ème siècle où se réunissaient les esprits frondeurs pour y brocarder abondamment l’incompétence des Ministres ou l’âpreté aux gains des fermiers généraux. Jamais à court de conneries à dire ou à écrire Guaino…
Lorsque les effets d’annonce ne parvenaient plus à contenir la colère du petit peuple devant les atteintes quasi-quotidiennes à son pouvoir d’achat, on trouvait à lui offrir en pâture des victimes expiatoires. Les dernières en date, pour lesquelles on avait dressé les fourches patibulaires médiatiques, étaient neuf jeunes alter-mondialistes, de dangereux fanatiques saboteurs de voies de chemin de fer que les médias officiels avaient qualifié d’apprentis terroristes, redécouvrant un vocabulaire qu’on avait oublié en France depuis qu’avaient cessé d’y sévir les services de la propagandastaffel…La ferme du Goutailloux était donc devenue le repère de cette graine de « Brigades Rouges ». Le procureur en charge du dossier était même allé jusqu’à déclarer à la presse que le silence opposé par ces jeunes aux policiers au cours de leur garde à vue était un signe supplémentaire de leur « radicalisation politique ».
L’élimination des rivaux politiques ou l’U.M.P. mise en coupe réglée
L’un des passe-temps favoris du Président consistait à tirer Villepin du réduit où il l’avait envoyé croupir depuis qu’on lui avait apporté la preuve de la compromission de l’ancien Premier ministre dans l’affaire Clearstream. Il le faisait conduire en son Palais élyséen, lui parlait de son avenir politique, des fiefs qui lui reviendraient bientôt en apanage. D’un geste de sa main, des huissiers ôtaient ses frusques à l’ancien rival naguère si puissant et lui passaient aussitôt de somptueuses étoffes. Galouzeau de Villepin, brusquement ramené à la lumière du jour, clignait des paupières et lui faisait alors publiquement le compliment sur sa politique devant la Cour et les médias. Puis, une fois que le spectacle cessait de divertir le Président, on reconduisait la haute et misérable silhouette à son galetas.
Les manœuvres judiciaires sont des fusils à deux coups. Si l’on rate le premier, le second est pour vous.
Villepin était maintenant à sa merci, quant à Alain Juppé, revenu d’un exil lointain, cela faisait plusieurs mois qu’il faisait antichambre. Avec l’ancien président de l’U.M.P., le Président avait réussi un coup de maître, un petit chef d’œuvre qui mériterait de figurer un jour dans les annales de la manipulation médiatique. A l’époque, c’est-à-dire il y a presque deux ans, les journaux avaient titré sur l’affaire Terrasson. C’était à se taper sur les cuisses !
Tout semblait avoir été réglé comme du papier à musique, à commencer par le déclenchement des arrestations des proches du Maire de Bordeaux, les instigateurs ayant mis à profit l’absence d’Alain Juppé, en déplacement en Asie, pour lancer leur opération « coup de poing » sur le Palais Rohan.
Pour commencer, deux aigrefins de l’espèce la plus commune avaient servi de rabatteurs aux limiers de la brigade de répression du banditisme. Une histoire crapuleuse à souhait de spoliation de vieille dame fortunée, dont le discernement émoussé par la maladie d’Alzheimer avait semble t’il excité l’appétit de son entourage. Il avait fallu accélérer quelque peu la fin de l’enquête préliminaire, en s’appuyant sur des extraits accablants d’écoutes téléphoniques, pour précipiter la chute d’une adjointe d’Alain Juppé, de son directeur des Affaires Culturelles et du Directeur de la Caisse sociale de développement local. Ensuite, tout s’était emballé. La presse locale, puis les médias nationaux avaient scrupuleusement repris le récit fabriqué à leur attention. L’histoire était trop belle pour en perdre une miette…
Avec Charon, ils avaient bu du petit lait…
Au début, ils s’étaient dits que l’embûche servirait à réfréner les appétits de l’ancien président de l’U.M.P. mais la manœuvre réussit, en réalité, au-delà de leurs espérances. Lorsqu’ils avaient découvert le soir des résultats des élections législatives, dans le poste de télévision du Salon d’angle, la face incrédule de François Hollande à l’annonce de la victoire de la challenger socialiste d’Alain Juppé, Charon et le Président étaient devenus hilares. Heureusement qu’il y avait de temps en temps dans la vie politique, faite habituellement d’ingratitude et de potions amères, des petites joies comme celle-ci où l’on assistait à la débâcle d’un adversaire longtemps honni. Après s’être assuré qu’il était bien le seul ministre en exercice à avoir été défait aux élections législatives, les juristes du palais ressortirent un vieux grimoire mangé aux mites où la main fatiguée d’un moine copiste avait inscrite une jurisprudence des Francs saliens selon laquelle un membre du gouvernement battu aux élections législatives devait présenter sa démission au Premier ministre.
Le plus cocasse, dans cette affaire, tenait à la part qu’y avait prise le Premier adjoint au Maire de Bordeaux, Hugues Martin, considéré comme le fidèle parmi les fidèles. Juppé lui avait confié les clés de la Mairie de Bordeaux pendant son exil québécois. A son retour, il songea tout de même à se choisir un premier adjoint moins vermoulu : François-Xavier Bordeaux, ancien conseiller municipal divers gauche lui offrait un profil d’ouverture bien dans l’air du temps. Ces intentions arrivèrent aux oreilles de Hugues Martin qui se prit alors à réfléchir aux mille et une façons d’occire celui qui briguait sa place.
De mauvaises langues insinuent aujourd’hui que le premier adjoint au Maire de Bordeaux avait été tenu informé par le menu des découvertes faites par les enquêteurs et connaissait même plusieurs jours à l’avance la date de l’arrestation des proches d’Alain Juppé. Les mêmes esprits chagrins laissent entendre que Hugues Martin aurait omis d’en avertir le Maire de Bordeaux, ce dernier ayant tout découvert de l’affaire le 22 janvier 2007, le jour de l’arrestation de ses collaborateurs et de son adjointe. La mise en scène de l’arrestation à l’Hôtel de Ville de Jean-François Lhérété, le directeur des affaires culturelles, en pleine réunion des services, avait d’ailleurs été particulièrement soignée et visait manifestement à braquer les projecteurs sur l’ancien Premier ministre et son entourage interlope.
Tout ceci devrait donc être médité par nous autres, pauvres mortels…On le voit, notre Richard III a incontestablement eu une postérité pléthorique. Mais il faut encore rappeler, en guise de conclusion, que toutes ses intrigues ne lui permirent de régner en tout et pour tout que 2 années, de 1483 à 1485, et qu’après sa défaite sur le champ de bataille de Bosworth, son successeur, Henri VII, mit à profit ses méthodes sanguinaires en se lançant dans une épuration bien plus sanglante encore.
On laissera le mot de la fin à Benjamin Constant : « Que de ruses, que de violences, que de parjures l’usurpation nécessite ! Comme il faut invoquer des principes qu’on se prépare à fouler aux pieds, prendre des engagements que l’on veut enfreindre, se jouer de la bonne foi des uns, profiter de la faiblesse des autres, éveiller l’avidité là où elle sommeille, enhardir l’injustice là où elle se cache, la dépravation là où elle est timide : mettre, en un mot, toutes les passions coupables comme en serre chaude, pour que la maturité soit plus rapide, et que la moisson soit plus abondante ! »
Le vrai visage du sarkozysme n’est guère éloigné de cette description d’une politique usurpatrice. Saurons-nous, le jour venu, dans l’union de nos indignations et de nos refus, renvoyer ce portrait devenu terriblement actuel à un passé définitivement révolu ?