L’affaire Terrasson

La piste suisse

février 21, 2008 · Un commentaire

copie-de-suisse.jpg En fin d’année 2007, le journal Sud-Ouest fait paraître un article intitulé « Le Magot Suisse de Tonton Bistouri ». On est donc passé irrésistiblement, dans le domaine de la titraille racoleuse, du registre de Chabrol à celui d’Audiard. Il y est de nouveau question de l’origine présumée de la fortune de Mme Terrasson. Mais surtout il y est fait allusion, pour la première fois dans le détail, à l’affaire de faux en écriture dont s’était emparée Me Moulin-Boudard en 2005 à la demande de sa cliente, Jeanine Terrasson. Un faux en écriture grâce auquel une employée de la banque suisse où Mme Terrasson avait placé son argent, Florence Costa, serait parvenue à détourner à son profit plus d’un million d’euros. 

Florence Costa est donc, à son tour, placée en garde à vue afin de s’expliquer sur ces mouvements de fonds.

Le journal Sud-Ouest a bénéficié en avant-première du résultat des auditions conduites par les policiers à Annecy en juin 2007. En voici le contenu, toujours sous le couvert du secret de l’instruction puisqu’il s’agit du résumé des procès-verbaux de la police judiciaire :

 « Au milieu des années 80, lors d’un séjour à Genève, Jeanine Terrasson avait fait la connaissance d’un couple de commerçants : les époux Costa. Ils tenaient une bijouterie et un magasin de linge de maison. Progressivement, ils avaient sympathisé. Au point de se fréquenter et nouer des relations d’amitié.À la fin des années 90, sentant le poids des ans, Jeanine Terrasson avait recruté l’époux comme chauffeur. Elle le rémunérait à la course. Il l’accompagnait dans ses nombreux voyages en Charente, à Biarritz et au Pays Basque. À cette époque aussi, Jeanine Terrasson s’était rapprochée de leur fille, Florence, employée dans une banque genevoise. Selon la famille Costa, la vieille dame lui avait promis de lui donner son appartement parisien.

Mouvements de fonds. La police judiciaire a longuement entendu les différents membres de la famille Costa. Tous ont été interrogés sur cette somme d’un million d’euros qui a rebondi de compte en compte et de banque en banque, effectuant même un curieux détour par le paradis fiscal des Bahamas.
Initialement placé sur un compte détenu par Jeanine Terrasson, elle a été ensuite virée sur un compte ouvert aux noms de la vieille dame et de Florence Costa. Avant de filer vers l’Union des banques suisses mais, cette fois-ci, sur un compte propriété de la seule Florence Costa.
Cette dernière, lors de son audition par les enquêteurs, a expliqué qu’il s’agissait d’un legs bien qu’il n’ait pas été officiellement enregistré par un notaire.

Consentement ou non. Selon Florence Costa, Jeanine Terrasson aurait agi de la sorte de façon à ce que cet argent ne puisse profiter à ses deux neveux, ses seuls héritiers, avec qui elle était brouillée. En 2003, c’est un écrit rédigé par Florence Costa et signé par Jeanine Terrasson qui a permis à la première de devenir l’unique ayant droit de ce fameux million. Les parents de Florence Costa, ont bénéficié ensuite d’une partie de ces fonds qui ont notamment servi à l’acquisition d’une résidence secondaire dans l’Hérault. « Mon mari m’avait dit avoir récupéré 500 000 euros de Florence. Ils étaient destinés à compenser les services rendus à la vieille dame et les morsures de son chien », a d’ailleurs expliqué, sans autre forme de procès, Catherine Costa aux policiers bordelais.
Les relations entre Jeanine Terrasson et les Costa ont cessé peu après le « legs ». Lors de leurs auditions, les membres de la famille ont décrit leur bienfaitrice comme « une manipulatrice » qui promettait « monts et merveilles » mais ne pensait « qu’à les utiliser ». À leurs dires, la rupture des relations s’expliquerait par leur refus de l’emmener en vacances avec eux au Maroc, Jeanine Terrasson l’ayant fort mal pris.

Atteinte de la maladie d’Alzheimer, Jeanine Terrasson, aujourd’hui âgée de 84 ans, n’est plus en mesure de donner son sentiment. Il appartient désormais à la justice d’apprécier si la vieille dame a donné, à l’époque, ce million d’euros en pleine connaissance de cause ou si sa confiance a été abusée. » 

Détail hallucinant : après avoir avoué aux policiers, au cours de sa garde à vue, qu’elle avait reçu de Jeanine Terrasson la somme de 1.000.000 euros, dans des conditions plus que douteuses, Florence COSTA est remise en liberté et ne fait l’objet d’aucune poursuite. 

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1 réponse jusqu'à présent ↓

  • fx56 // février 27, 2008 à 10:28 | Répondre

    Quelques remarques et précisions aprés lecture de cette excellente analyse qui fait de l’affaire Terrasson le pendant bordelais de l’affaire Allégre:
    .1.J.M.Trassy n’est pas le fils de Mme Pariente mais l’ancien petit ami de son frére,fourreur de son état.C’est par ce canal-si l’on peut dire- qu’il entre dans la vie de J.Terrasson et tente par tous moyens de devenir son héritier .Manifestement il ne manque pas d’entregent puisqu’il va nourrir l’accusation et l’enquéte de police.On retrouve en effet , comme par hasard, dans ses dépositions des formules familières à la police ,comme l’expression “avons mandé”(non utiliséeà ce jour dans la poissonnerie).Par ailleurs, il dirige littéralement l’enquéte en désignant les personnes à interroger ,ce que les policiers font avec un zéle remarquable .Cette qualité de témoin hors norme lui permet de bénéficier d’un statut à part dans la nomenclature judicière bordelaise:bien que confondu de vol à l’égard de la vieille dame , il n’est même pas mis en examen.

    .J.Terrasson n’a pas fait 1 mais 2 testaments en faveur de N.Dumont,début 2004 et début 2005.Elle les a confié à son notaire avec un certificat médical d’un expert attestant de toutes ses facultés.Elle a payé elle même l’enregistrement par chéque .Pourquoi la justice a t’elle attendu 1 an pour vérifier ce point central du dossier?Comment expliquer en effet qu’une légataire universelle organise une association de malfaiteur pour dérober ce qui va lui revenir de droit?L’absence de discernement du ministère public bordelais n’a d’égal que celui de l’affaire Outreau.

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