L’affaire Terrasson

Articles étiquettés ‘héritage’

L’affaire Terrasson: les éléments du dossier

février 21, 2008 · Laisser un commentaire

Le Figaro en fait le résumé pour ses lecteurs : « Le drame se noue dans la plus belle artère de la ville, le cours Xavier-Arnozan où les négociants ont englouti les fortunes amassées sur les quais. Jeanine Terrasson, 84 ans, y occupe un appartement de plus de cent mètres carrés.(…). Son patrimoine est coquet : des centaines de milliers d’euros sur des comptes suisses, plusieurs immeubles dans la région, un appartement parisien rue de la Boétie, de nombreux terrains et plus de 100 000 euros en meubles et bijoux. Ses voisins témoignent qu’à l’heure de la maladie, une femme la soutient. Nicole Dumont, la cinquantaine, habite et travaille à deux pas. Cette voyante connaît Jeanine depuis vingt-trois ans. Devant les policiers, une auxiliaire de vie évoque une relation « grand-mère/petite-fille ». Jeanine a deux neveux qu’elle voit peu.

En 2005, devant notaire elle fait de Nicole Dumont sa légataire universelle. Mais elle est également placée sous tutelle au grand soulagement de ses neveux. Le 10 octobre 2005, devant un juge, Jeanine Terrasson évoque Nicole : « Je ne pense pas [qu'elle] soit intéressée par mon argent. (…) Mes neveux n’attendent que ma mort… » Le 8 juin 2006, la justice la place sous un régime plus souple de curatelle renforcée et change le tuteur. Selon un témoin, ce dernier dénonce des difficultés à rencontrer sa protégée et à procéder à l’inventaire et à l’évaluation de ses biens. Le tuteur évincé porte plainte pour vol à l’été 2006. L’affaire est confiée à la division criminelle de la police judiciaire.

Écoutes téléphoniques
Fin novembre 2006, Nicole Dumont est placée sur écoutes. La mesure se prolonge jusqu’au lundi 22 janvier, date de l’interpellation des personnalités.
Au coeur de ces 80 pages : Nicole Dumont et François-Xavier Bordeaux, Jean-François Léréthé et Martine Moulin-Boudard apparaissent beaucoup moins. Jeanine intervient à l’occasion. Le 5 janvier 2007, la voyante demande à son amie si elle souhaite léguer son héritage à ses neveux. Réponse : « Ah, non, non, non ! » Les enquêteurs découvrent que des meubles sont vendus à des antiquaires, qu’un box est loué sous un nom d’emprunt pour y entreposer d’autres objets. Des meubles et tableaux seront retrouvés chez les notables. Des voyages en Suisse – au moins deux – sont réalisés par Nicole Dumont aidée par François-Xavier Bordeaux et, à une reprise semble-t-il, par Jean-François Lhérété, pour en rapporter un minimum de 60 000 euros.
Les mis en examen n’ont reconnu les voyages en Suisse qu’une fois confrontés aux éléments réunis par les policiers. Les écoutes restent ambiguës. « As-tu bien terrassonné ? » lance un jour une amie à Nicole Dumont. « Elle n’est pas pressée [de mourir] », déclare Bordeaux fin 2006. Le même un peu plus tard : « Dès que tu n’es plus là, elle [Jeanine] déconne. Elle parle aux neveux, elle dit qu’elle ne veut plus vendre [des biens lui appartenant.  » Pour le conseil de François-Xavier Bordeaux, Me Thomas de Beaumont, la concertation relève « du fantasme », et rien n’a été retrouvé chez son client qui ne s’est pas enrichi. L’avocat de Nicole Dumont, Me Fabrice Delavoye, souligne que l’octogénaire « a été aidée » par sa cliente et que celle-ci engageait des frais. Les retraits en Suisse, les meubles vendus servaient-ils à régler tout cela ? L’enquête doit se poursuivre en Suisse pour établir le montant exact des retraits des comptes et, en France, pour retrouver les biens disparus. »

A partir de là deux thèses s’opposent : celle de l’acte crapuleux commis par des notables cherchant à s’approprier de façon concertée le patrimoine d’une riche octogénaire ou bien une action légitime de protection d’une personne âgée placée sous tutelle à la demande de neveux qu’elle a perdu de vue depuis plus de 30 ans, volée par des proches et dont le tuteur désigné par la justice se désintéresse complètement après avoir pris soin, cependant, de faire bloquer tous ses comptes. C’est la première que privilégient d’emblée policiers, magistrats et journalistes, renforcés dans leurs convictions par les accusations répétées dirigées contre les notables par le poissonnier du Cours Portal, Jean-Marie TRASSY.

 

 

 

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Mais qui est donc Jeanine Terrasson ?

février 21, 2008 · 3 commentaires

mamiejpeg.jpg Jeanine Terrasson est une vieille dame de 85 ans dont la vie est entourée de nombreux mystères. Elle vit dans le quartier des Chartrons et souffre de la maladie d’Alzheimer. Les deux personnes qui la connaissent le mieux sont encore Nicole Dumont, sa confidente, et Jean-Marie Trassy, son ancien associé. Au moment où l’affaire Terrasson va être jetée dans le « chaudron » médiatique, les journalistes en mal d’informations sur la biographie de la vieille dame se précipitent chez ce dernier pour tenter de reconstituer sa vie tumultueuse et secrète, et par-dessus tout, connaître l’origine de sa « fortune colossale » (d’après la pigiste de 20 minutes (25/01/07) qui a consulté le classement du magazine Forbes avant d’écrire son papier… selon des sources tout aussi sûres, Bill Gates lui aurait même emprunté des sous en 1997 pour faire construire sa villa high tech de Seattle).

Le journaliste de la Charente Libre qui s’intéresse lui aussi à l’affaire Terrasson rapporte, dans un article publié le 10/03/2007, ce que le poissonier-brocanteur Trassy a cru bon de lui révéler sur la vieille dame : « Après mes premières déclarations, on a dit n’importe quoi sur moi, et sur elle: le magistrat instructeur m’a conseillé de me taire», lâche un des plus proches confidents de la dame.

Sous couvert d’anonymat, il accepte cependant d’évoquer encore celle dont il est l’ami depuis plus de trente ans. Après avoir débuté dans la vie comme infirmière à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, la jeune femme doit quitter son métier après une série d’irradiations accidentelles en 1952-1953. Cette amoureuse du beau embrasse alors la profession de courtier en art. Si à Bordeaux, le nom de Jeannine Terrasson évoquait peu de choses, «à Paris, elle était très connue des commissaires-priseurs et des antiquaires. Dans les années 50, des gens aux fortunes plus ou moins licites achetaient des meubles à tour de bras pour bien paraître. Mais ils n’y connaissaient rien: ce fut l’âge d’or des courtiers en art!». Jeannine excelle: «Elle avait une grande connaissance de l’histoire de l’art et le don de reconnaître l’objet intéressant. Chez elle, je me souviens d’un parapluie, il avait une tête en ivoire très caractéristique: c’était le parapluie de Voltaire, visible sur des portraits du philosophe!».
Jeannine Terrasson acquiert alors quantités d’objets délaissés à l’époque, qui feront sa fortune. «Dans les années 50-60, les meubles Louis XVI, la porcelaine n’intéressaient pas les acheteurs. Un Gallé (verrier époque 1900, Art Nouveau), ça valait 3 francs six sous ; aujourd’hui, ça vaut de l’or!» Cette amatrice éclairée se choisit pour modèle une autre femme d’exception, la Pompadour: «Elle admirait la femme des Arts qui a fait connaître Boucher, Watteau, les grands peintres de l’époque et popularisé la porcelaine».

Jeannine se sent proche d’elle pour deux autres raisons: «Elle est légitimiste, royaliste si vous préférez». Et la Pompadour s’appelait Poisson, de son nom de jeune fille; or Jeannine Terrasson, férue d’astrologie, est justement du signe du Poisson. »

Et le plumitif libre-charentais de conclure : « Cette passion pour l’astrologie l’amènera à croiser, peut-être dès les années 70, une autre spécialiste des astres, voyante de surcroît, Nicole Dumont. Pour son malheur. » 

Beaucoup plus romancée, la version de Florence Mothe * dans la Gazette du Pays du 22 février pimente encore le portrait de la collectionneuse d’arts en y raccrochant une activité d’agent infiltré auprès des Allemands dans le Bordeaux de l’Occupation pour le compte des réseaux de la Résistance. « Des questions de plus en plus nombreuses commencent à se poser sur l’itinéraire personnel de Mme Terrasson ; C’est ainsi par exemple que l’on a pu apprendre qu’elle était brouillée avec sa sœur depuis…1940. Les raisons de cette brouille étaient, en effet, très valables. Mme Terrasson affirme qu’elle a fait de la Résistance et qu’elle a eu pour mission, tant qu’elle a résidé à Bordeaux, d’infiltrer les troupes allemandes qui occupaient la ville. C’est ainsi qu’elle aurait été amenée à entrer dans l’intimité de plusieurs officiers pour leurs tirer des renseignements, n’hésitant pas à s’afficher à leur bras dans les rues de la ville. Qui dit Résistance dit secret, Mme Terrasson aurait négligé d’indiquer à sa sœur quelle était sa mission et celle-ci, la voyant se promener au bras d’un bel officier, se serait méprise et une brouille définitive s’en serait suivie.Nous avons cherché à vérifier l’appartenance de Mme Terrasson aux principaux réseaux répertoriés à Bordeaux et n’avons pas trouvé sa trace. Les évènements dont il est fait mention s’étant déroulés selon nos sources entre 1941 et 1942, on peut imaginer que ces réseaux aient été détruits durant les grandes arrestations consécutives l’Affaire Grandclément et que les documents aient disparu. Ce sont, sans doute, ces évènements spécialement dans les maquis du Vercors qui nargua l’occupant jusqu’en juillet 1944. Le Vercors avait été transformé en enclave avec approbation du Général de Gaulle en 1942. Cette stratégie de camp retranché ” une fausse bonne idée ” selon Henri Amouroux, se terminera en massacre, car le Vercors accueillit au moment du débarquement près de quatre mille combattants. Qui furent impitoyablement réduits par l’assaut déclenché par le Général Karl Pflaum et trois bataillons venus du Front de l’Est, le 21 juillet 1944. Mme Terrasson aurait exercé sa profession d’infirmière dans ces lieux et dans ces circonstances, échappant miraculeusement à la mort, ce qui lui aurait permis de rejoindre, toujours en tant qu’infirmière l’armée du Général Leclerc, jusqu’à sa percée en Allemagne.
Ce n’est que postérieurement à ces évènements dramatiques que Mme Terrasson se serait intéressée aux objets d’art, puisant dans cette activité des revenus suffisants pour constituer la belle collection qui est l’objet de l’Affaire des Notables.
Selon certaines sources, ses revenus ne serait pas entièrement en provenance de ces activités artistiques, mais auraient été confortés par des activités de passeuse de devises à la frontière suisse. Exacte ou inventée, cette précision apportée par plusieurs témoins éclaire d’un jour nouveau la personnalité de la vieille dame. Sa vie aventureuse ou héroïque explique, en tout cas, l’aversion qu’elle portait à sa famille d’origine, et, partant, probablement à ses neveux.” 

Ultime clin d’oeil, le 26 mai 2008, un exemplaire de Faux résistants et vrais coquins“ signé et dédicacé: “pour madame Jeannine Terrasson, cette plongée dans l’imposture, meilleur hommage” et de “La Croix de Lorraine qui tue signé et dédicacé: “Pour madame Jeannine Terrasson écrasons l’infâme“, par André Figueiras, ancien résistant devenu anti-gaulliste et proche des milieux d’extrême-droite, sont vendus sur ebay à “mickyfleurbleue”.

* Florence Mothe, ancienne critique musicale au journal Sud-Ouest, est aussi romancière, botaniste et présente, en sa chartreuse de Mongenan, une remarquable collection de faïences de Samadet.

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Les accusateurs

février 21, 2008 · 3 commentaires

Le Dauphin Bleu 23/09/08

Le Dauphin Bleu 23/09/08

Sud-Ouest – 2 octobre 2008 : La bande dessinée accrochée au balcon qui surmonte le Dauphin bleu, la poissonnerie du cours Portal, intrigue passants et clients. Des poissons y font des bulles qui délivrent des messages sibyllins, assez incompréhensibles pour le commun des mortels. Jean-Marie Trassy, le maître des lieux, peintre à ses heures, affirme qu’il s’agit là d’un moyen d’expression pour répondre aux accusations dont il aurait fait l’objet dans le cadre de l’affaire Terrasson. Les initiés pourront décoder….

Ils sont au nombre de deux : Jean-Christophe RALLION, le tuteur de Jeanine Terrasson qui, après avoir été écarté par le tribunal de grande instance de Bordeaux, dépose une plainte contre X pour vol et abus de faiblesse et Jean-Marie TRASSY, le poissonnier bordelais, ancien brocanteur.  

1. Le tuteur *

Le journal Libération résume le rôle de Jean-Christophe RALLION dans ce dossier : « La vieille dame, «âgée mais pas débile» selon un proche, n’a pas d’héritiers directs si ce n’est deux neveux qui viennent de se réveiller subitement. Elle était en conflit avec son tuteur légal, chargé de gérer sa fortune, qui aurait tenté de la placer en maison de retraite » Sud-Ouest, dans un article signé de Christine Morice publié le 21 février 2007, revient sur le passé professionnel du tuteur Jean-Christophe Rallion et notamment sur ses démêlés devant le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux.« L’affaire Jeanine Terrasson qui défraie depuis quelques jours la chronique locale renvoie la famille Billou à de bien mauvais souvenirs. En effet, en avril 2002, Jean-Claude Billou poursuivait en justice Jean-Christophe Rallion, à qui le juge des tutelles avait confié différentes missions en tant que mandataire spécial, curateur puis tuteur de sa mère, alors âgée de 91 ans. Il s’agit du même Jean-Christophe Rallion qui, en tant que premier tuteur de Jeanine Terrasson, est à l’origine des poursuites judiciaires dont font aujourd’hui l’objet Nicole Dumont, François-Xavier Bordeaux, Jean-François Lhérété et Martine Moulin-Boudard. La plainte avec constitution de partie civile déposée auprès d’un juge d’instruction bordelais pour « abus de faiblesse et vols » émane en effet de celui qui n’assure plus aujourd’hui la protection juridique de la vieille dame. Les démarches entreprises en 2002 par Jean-Claude Billou avaient abouti à la condamnation de Jean-Christophe Rallion, le 22 juin 2004, devant la 1re chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux. La justice estimait dans son jugement, qu’il avait « engagé sa responsabilité de mandataire par les fautes commises dans l’exécution des missions confiées par le juges des tutelles » et l’avait condamné à verser plus de 17 000 euros de dommages et intérêts à M. Billou. Jean-Christophe Rallion avait interjeté appel de cette décision, mais il a de nouveau été condamné le 9 janvier 2006 par la cour d’appel de Bordeaux. Les erreurs commises par le tuteur portent sur des « dépenses non justifiées », comme le souligne la cour d’appel. M. Rallion a, par exemple, versé des salaires bruts à l’employée de maison chargée de Mme Billou mère, à qui il a également remis des espèces. Selon l’expert judiciaire, il a touché des trop-perçus versés par la maison de retraite, souscrit une seconde mutuelle pour la vieille dame dont il avait la charge. Bref, il fut à l’origine de plusieurs « fautes de gestion » épinglées par la justice. Pour la famille Billou, c’était la fin d’un long et douloureux marathon judiciaire. « A l’époque, le compte rendu annuel qui mettait en évidence les dépenses personnelles de ma belle-mère avait suscité des interrogations de la part du greffier en chef du TGI, chargé de recevoir les comptes », souligne Mme Billou ».

Cet article est loin d’être anodin : pour la première fois, la presse s’intéresse à la personne du tuteur de Jeanine Terrasson, dont l’impéritie dénoncée par François-Xavier BORDEAUX a conduit ce dernier à créer son association de lutte contre les abus des tutelles à la dénomination éponyme. Pour François-Xavier BORDEAUX « Les magistrats ont ignoré les conditions désastreuses dans lesquelles vivait cette personne âgée. Le tuteur avait bloqué ses comptes, pas un centime ne lui avait été versé pendant dix-huit mois. Sans sa légataire universelle, qui payait la nourriture, le loyer et les soins, Jeanine Terrasson serait morte dans la misère et la déchéance. Dans ce dossier, le véritable scandale est là. La justice s’est désintéressée d’une personne qu’elle aurait dû, pourtant, protéger. Aujourd’hui, on me reproche d’avoir fait ce qu’elle aurait dû faire. » – L’Express du 14/02/2008.

Début avril 2008, Le Point ajoute un élément nouveau: “Il a fallu attendre le 7 février pour que soient ouverts les scellés provenant de l’étude du notaire de Jeannine Terrasson. Outre le testament de la vieille dame en faveur de Nicole Dumont, considéré comme valide, on y a retrouvé, entre autres, un courrier de l’ancien tuteur, écrit après la levée de tutelle, demandant des informations sur l’état du patrimoine Terrasson.”

Dans son interview à France 3, François-Xavier BORDEAUX explique que la seule dépense engagée par le tuteur avant qu’il ne soit écarté est de procéder à l’inventaire des biens de l’octogénaire qui, en dépit de son important patrimoine, se trouve tout à fait démunie. François-Xavier BORDEAUX – interview France 3 – 17/02/08 :-« En fait l’affaire Terrasson commence par une faillite de la tutelle. Une vieille dame avec un début de maladie d’Alzheimer est mise sous tutelle. Son tuteur pendant dix-huit mois ne lui verse pas un centime. Cette dame doit donc être prise en charge au niveau de sa nourriture, de ses soins, des gardes. On la fait déménager pour la mettre en sécurité au niveau du loyer. Le tuteur bloque les comptes, ne verse pas un sou ! Ce même tuteur, par contre, engage 40.000 euros de dépenses pour connaître le patrimoine de cette vieille dame. Pourquoi fait-il cela ? Parce que la seule chose qui compte dans cette affaire de tutelle, c’est de vendre des biens qui vont rapporter au tuteur. Parce que le tuteur est payé sur les biens qui sont vendus. Donc la justice qui devait protéger cette vieille dame ne l’a pas fait… » 

* voir l’excellent article de l’Express du 04/10/2004 “Tutelles: les abus d’un pouvoir“ sur les errements du régime des tutelles en France : http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/tutelle/dossier.asp?ida=429665&p=1 auxquels remédiera, espère-t’on, la loi du 5 mars 2007.

2. Le poissonnier-brocanteur ou « Les enquêteurs mordent à l’hameçon » ou « Les flots de vésanie » ou « Le dauphin bleu était une torpille »

Laissons la Gazette du Pays présenter ce personnage ambigu, au risque d’écorcher au passage l’orthographe de son patronyme : «  Il s’agit d’un ancien antiquaire qui possédait dans les années 75 un très joli magasin au coin de la rue Notre Dame et de la rue du Couvent, M. Tracy. Ayant longtemps partagé la vie d’un célèbre fourreur bordelais et biarrot, cet amateur d’art quitta la ville au décès de son compagnon. Le bruit courut même parmi les antiquaires qu’il était lui aussi décédé. Fort heureusement, il n’en était rien et M. Tracy revint dans le quartier Notre Dame où il ouvrit une poissonnerie. C’est ainsi qu’il retrouva Mme Terrasson avec laquelle il s’était lié au moment où celle-ci recherchait des oeuvres rares pour la riche clientèle suisse. » Un article précédent du même échotier nous apprend que Jeanine Terrasson, à la fin de son livre consacré aux « Hannong et leurs manufactures, Strasbourg et Frankenthal », ouvrage de référence sur les faïences des fabriques de l’Est publié à la Manufacture des Arts de Lausanne, adresse ses remerciements à Mme Pariente, qui n’est autre que la soeur de l’ancien ami de M.Trassy, pour le prêt qu’elle lui a consenti de certaines pièces de sa collection.

Osons le mot : le métier de poissonnier est purement alimentaire pour M. Trassy dont le violon d’Ingres reste l’univers des arts décoratifs. La grande vague d’Hokusai, célèbre estampe japonaise, est d’ailleurs peinte sur le volet en fer de son échoppe de mercati. Quel est son rôle exact dans l’affaire Terrasson ? L’article du nouvel observateur du 1er novembre 2007 nous le décrit plus en détail : « [Jeanine Terrasson] devient courtière en objets d’art spécialisée dans le style Marie-Antoinette et antiquaire ambulante. Elle a un associé qui chine pour elle, Jean-Marie Trassy, un «broc» qui court les foires et les chantiers de démolition (…) Un jour de décembre 2004, Nicole Dumont tombe par hasard sur Jeanine Terrasson. Elle est assise, le regard perdu, dans une poissonnerie du quai des Chartrons, le Dauphin bleu. Elle a bien changé. En septembre, les médecins ont reconnu chez elle les symptômes de l’Alzheimer. Derrière l’étal, Jean-Marie Trassy est en train de servir une cliente. Hé oui, le brocanteur s’est fait poissonnier ». Le journaliste du nouvel observateur poursuit : « [Nicole Dumont] s’aperçoit que Trassy, le poissonnier de fraîche date, s’est installé chez Mme Terrasson et y vit en terrain conquis. »

François-Xavier BORDEAUX et Nicole DUMONT vont même plus loin : pour eux, Jean-Marie Trassy, qui connaît parfaitement le milieu de la brocante aurait déjà écoulé très discrètement un certain nombre d’objets de valeur, à l’insu de Mme Terrasson, chez qui il a élu domicile. «J’ai constaté que des meubles avaient disparu [dixit FX Bordeaux in l'Express du 01-02-2007]. En bas, il n’y avait que des meubles en mauvais état et de qualité médiocre, non conformes au goût et au standing de la propriétaire. Je remarquais également, lors de mes premières visites rue de la Pomme-d’Or, début 2005, plusieurs dizaines d’écrins à bijoux vides, des caisses de porcelaine rare fracturées et en partie vidées, tout cela dénotait que des gens s’étaient servis.»François-Xavier Bordeaux décide de réagir et dépose, en mai 2005, une main courante au commissariat de son quartier. « Mais [dixit FX Bordeaux] cette plainte a été mystérieusement enterrée, alors même que le lieutenant qui l’a reçue m’a indiqué que cette affaire était suivie par le préfet de police. Cet élément important, comme tous les autres éléments à décharge, a été systématiquement repoussé par la justice. Ni la juge d’instruction ni le président de la chambre de l’instruction n’ont voulu les prendre en compte. »

La menace est toutefois suffisamment grave pour éloigner le poissonnier Trassy. Lorsqu’il apprend quelques mois plus tard que Jeanine Terrasson a rédigé un testament en faveur de Nicole Dumont faisant de celle-ci sa légataire universelle, l’écailler fulmine et se découvre des talents de sycophante : il envoie lettre de dénonciation sur lettre de dénonciation à la Préfecture de Police (certaines d’entre elles accusent non seulement les notables mais aussi certains membres de leur famille), et surtout effectue des recherches pour retrouver et alerter les neveux de Jeanine Terrasson.

L’affaire de la bague

Le 28 mars 2007, Sud-Ouest évoque de façon anecdotique l’existence d’un bijou que Mme Terrasson aurait remis à M.Trassy : «De même, le poissonnier du quartier des Chartrons, ancien antiquaire et confident de Jeanine Terrasson pendant de longues années, a lui aussi été longuement été entendu. Spontanément, il a remis aux policiers une bague que lui avait donnée l’octogénaire.» Le “spontanément” est cocasse…Or, le 1er février 2007, L’Express publiait cet extrait de la déposition de François-Xavier Bordeaux au cours de sa garde à vue: «Un jour, au début de 2005, Jeanine Terrasson m’a invité à venir dîner chez elle et a tenu à faire les courses. Elle portait au doigt une bague de chez Cartier. A son retour, elle n’avait plus la bague et j’imagine qu’à défaut de payer en liquide elle avait donné ce gage pour payer [...].»

Quoiqu’il en soit, à aucun moment Jean-Marie TRASSY, en dépit de la plainte déposée par François-Xavier BORDEAUX contre lui, ne se verra inquiété par la justice. Pour quelle étrange raison ? 

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Les neveux

février 21, 2008 · Laisser un commentaire

Il s’agit, selon la « Gazette du Pays » de Jean et Philippe FAURE. Jeanine Terrasson ne voulait pas qu’ils héritent d’elle à sa mort. Cette version des faits est confirmée par de multiples protagonistes à plusieurs reprises au cours de l’enquête : Sud-Ouest : – « Selon Florence Costa, Jeanine Terrasson aurait agi de la sorte de façon à ce que cet argent ne puisse profiter à ses deux neveux, ses seuls héritiers, avec qui elle était brouillée ». La Gazette du Pays :- « Sa vie aventureuse ou héroïque explique, en tout cas, l’aversion qu’elle portait à sa famille d’origine, et, partant, probablement à ses neveux. ». La Charente Libre : – « Entre-temps les deux neveux héritiers directs de la vieille dame portaient plainte à leur tour; il semblerait que Jeannine Terrasson, qui ne s’entendait pas du tout avec leur mère, c’est-à-dire sa sœur, les auraient déshérités au profit de Nicole Dumont devenue sa «légataire universelle ».

Jean-Marie Trassy croit tenir sa vengeance en prévenant ces derniers que leur tante vient de léguer l’intégralité de ses biens à Nicole Dumont, et ce, rappelons-le, alors qu’il sait pertinemment que Mme Terrasson ne souhaite pas entrer en contact avec eux. Ses neveux, qui ne la connaissent pour ainsi dire pas ou très peu, vont alors demander et obtenir sa mise sous tutelle en octobre 2005, les symptômes de la maladie d’Alzheimer dont est atteinte la vieille dame étant diagnostiqués à ce moment là. Dès lors, Jeanine Terrasson se retrouve dans l’impossibilité d’effectuer le moindre acte de gestion courante lui permettant de subvenir à ses besoins. La vieille dame fortunée en est réduite à demander de l’aide à son amie Nicole Dumont et à son avocate afin d’obtenir la levée de cette tutelle. 

Le 29 mars 2007, le journal Sud-Ouest rapporte une information d’une importance capitale pour l’instruction : « La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Bordeaux a infirmé hier l’ordonnance rendue au début du mois de mars par la juge d’instruction Sophie Pétriat et rejeté la constitution de partie civile des deux neveux de Jeanine Terrasson. Au motif qu’il n’existait pas de lien entre le préjudice qu’ils alléguaient et les infractions poursuivies. A savoir l’abus de faiblesse et de confiance, l’association de malfaiteurs et les vols reprochés à des degrés divers à la voyante Nicole Dumont, à son ami le conseiller financier François-Xavier Bordeaux, au directeur des affaires culturelles de la Ville de Bordeaux Jean François Lhérété et à l’avocate Me Martine Moulin Boudard.
Quelques semaines plus tôt, Sophie Pétriat, la magistrate en charge du dossier, avait pourtant estimé que les deux hommes avaient intérêt et qualité pour agir. A ses yeux, rien ne s’opposait juridiquement à ce qu’ils puissent prendre connaissance des circonstances, des faits et des conditions dans lesquelles Nicole Dumont avait été désignée comme légatrice universelle par la vieille dame, aujourd’hui âgée de 84 ans. L’acte passé devant notaire était intervenu en février 2005. Quelques jours avant que les deux neveux de Jeanine Terrasson, alertés par un commerçant des Chartrons, ne saisissent le juge des tutelles pour obtenir le placement de leur tante sous protection judiciaire. « Logique ». « C’est une décision logique au regard du droit. L’acceptation initiale de cette constitution de partie civile était surprenante », relèvent Me Fabrice Delavoye et Me Stéphane Guitard, les avocats de Nicole Dumont, à l’origine de la saisine de la chambre de l’instruction. N’étant pas héritiers réservataires, comme le sont des enfants ou un conjoint, les deux neveux ne disposaient d’aucun droit patrimonial. Jeanine Terrasson a en effet légué la totalité de sa fortune à Nicole Dumont par un testament qui n’est pas invalidé même s’il est aujourd’hui critiqué par certains membres de la famille Terrasson »

La décision de la chambre d’instruction constitue bel et bien une victoire importante pour la défense : c’est un démenti cinglant qui est opposé à la logique inquisitrice contre laquelle doivent se battre les mis en examen selon laquelle ils auraient détourné à leur profit un héritage qui revenait légitimement aux neveux de Jeanine Terrasson. La manœuvre de M.Trassy ne réussit donc qu’à moitié : les neveux de Jeanine Terrasson obtiennent, certes, la mise sous tutelle de leur tante, mais le testament par lequel la vieille dame a fait, devant notaire, de Nicole Dumont sa légataire universelle reste parfaitement légal. La plainte avec demande de constitution de partie civile déposée par les neveux de la vieille dame n’est donc qu’une tentative avortée de leur part pour reprendre l’initiative dans ce dossier.

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L’affaire dans l’affaire: la prodigalité du professeur Laporte

février 21, 2008 · Un commentaire

Sud-Ouest poursuit ses recherches sur l’origine de la fortune de la vieille dame. Initialement présentée comme l’héritière des Pereire, famille de banquiers qui financèrent sous Napoléon III la construction d’une ligne de chemin de fer grâce à laquelle Arcachon connut son essor comme lieu de villégiature pour la riche bourgeoisie parisienne et bordelaise, le quotidien abandonne rapidement cette explication pour le moins improbable. La piste d’importants bénéfices réalisés par Jeanine Terrasson à travers son activité de courtière en objets d’art n’est pas non plus vraiment satisfaisante.

C’est alors qu’un nouveau protagoniste va faire son apparition dans cette affaire qui recèle décidément de multiples tiroirs à double-fond. Le dépôt de plainte avec demande de constitution de partie civile de Sylviane Laporte apporte en effet un éclairage nouveau sur l’origine possible de l’important patrimoine de Jeanine Terrasson : « C’est la première affaire Terrasson. Mais il en existe une seconde, beaucoup plus ancienne, dont l’instruction n’est toujours pas close. Le nom de la vieille dame y est cité. Mais cette fois, pas au titre de victime présumée. En 2000, Sylviane Laporte, la fille du professeur Fernand Laporte, a déposé plainte contre X pour des détournements dont aurait été victime son père peu avant qu’il ne décède en 1999. Jeannine Terrasson, qui avait été une amie très proche du disparu, apparaissait alors comme l’une des personnes susceptibles d’être mises en cause.
Des biens immobiliers à Bordeaux, Paris et sur le Bassin. Les faits dénoncés par Sylviane Laporte n’intéressent pas directement les juges qui enquêtent sur l’appropriation éventuelle du patrimoine de la vieille dame. Mais ils peuvent éventuellement éclairer l’une des énigmes de ce dossier : comment cette ancienne infirmière du CHU, qui avait été mariée deux fois, a-t-elle pu se retrouver à la tête de la fortune qu’on lui prête ? Dans le quartier des Chartrons, il n’était pas rare de croiser ensemble Jeanine Terrasson et Fernand Laporte. Ils se connaissaient et ils s’appréciaient depuis longtemps. Dès 1971, bien que de dix-huit ans sa cadette, Jeanine Terrasson avait légué ses biens au médecin. Ils déjeunaient ensemble tous les dimanches. Elle corrigeait parfois ses ouvrages. Fernand Laporte, qui avait terminé sa carrière comme professeur de médecine à l’hôpital Saint-André en 1975, était un homme riche. Propriétaire de plusieurs immeubles à Bordeaux et à Paris, d’une villa au Cap-Ferret et de plusieurs lots au sein du parc Pereire, sur le bassin d’Arcachon, il détenait aussi plus d’un millier d’hectares de forêt dans les Landes. Le nonagénaire, dont l’état de santé physique avait commencé à se dégrader en 1998, avait été placé sous sauvegarde de justice en 1999 avant qu’un juge des tutelles ordonne une mesure de curatelle quelques semaines avant sa mort à l’âge de 95 ans. Ce régime juridique s’applique lorsqu’un majeur, sans être dans l’incapacité d’agir, a besoin d’être conseillé ou contrôlé. La personne ne peut plus prendre de décisions importantes relatives à son patrimoine ou ses revenus sans l’accord du curateur.
Sylviane Laporte, qui entretenait des relations difficiles avec son père, a saisi la justice immédiatement après sa disparition. A ses dires, des meubles de grande valeur avaient disparu de son domicile et les importants mouvements de fonds opérés sur ses comptes en 1998 et en 1999 (plus de 450 000 euros) ne laissaient pas de l’intriguer. En 2002, le magistrat chargé d’instruire sa plainte avait rendu une ordonnance de non-lieu après avoir estimé que l’enquête de police ne permettait pas d’établir la réalité des détournements allégués. Selon le juge, Fernand Laporte avait toujours été le destinataire des fonds retirés sur ses comptes de la Barclay’s, du Crédit lyonnais et de la BNP, et il ne laissait à personne d’autre le soin de gérer son patrimoine.
Mécontente de la décision, Sylviane Laporte avait fait appel devant la chambre de l’instruction. Celle-ci avait alors ordonné un supplément d’information et missionné un nouveau juge d’instruction pour accomplir un certain nombre d’actes. Il s’agissait, entre autres, de vérifier pourquoi un compte bancaire de Fernand Laporte était domicilié chez une aide ménagère et de retrouver la trace de trois retraits de 300 000 francs (45 000 euros) en espèces. Les investigations ont traîné en longueur. Dans le courant du mois de février dernier, l’affaire est une nouvelle fois revenue devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux. Celle-ci doit dire sous peu si elle confirme l’ordonnance de non-lieu ou si elle missionne un nouveau juge pour effectuer des diligences qui, sept ans après la plainte, n’ont toujours pas été effectuées.

Me Thibault de Montbrial, l’avocat parisien de Sylviane Laporte, critique semble-t-il sévèrement la façon dont les investigations ont été menées lorsqu’elles l’ont été. A l’issue de cette enquête chaotique, un certain nombre de questions demeurent toujours en suspens, notamment celles relatives au rôle de Jeanine Terrasson. Ce que reconnaît d’ailleurs le parquet général de la cour d’appel de Bordeaux. Au mois d’octobre dernier, avant que l’affaire des « notables » éclate, il avait requis par écrit l’audition de l’octogénaire et le lancement de vérifications sur différents comptes bancaires. De façon à faire toute la lumière sur le financement des travaux effectués au domicile de Jeanine Terrasson sur le transfert éventuel de mobilier et sur les fameuses enveloppes que remettaient régulièrement Fernand Laporte à Jeanine Terrasson, aux dires d’une femme de ménage. Même si les accusations lancées contre l’octogénaire s’avéraient fondées, il resterait à prouver que les opérations incriminées se soient effectuées sans le consentement du professeur. « Ce n’était pas un homme que l’on menait par le bout du nez. Il était très maître de lui. Et il savait s’entourer de conseillers pour la gestion de ses biens », souligne un des anciens proches du professeur. Sur ces faits, Jeanine Terrasson n’a été entendue que brièvement il y a quelques années. » « De 18 ans sa cadette, Jeanine Terrasson était une amie de longue date de ce médecin à la forte personnalité auquel elle avait légué ses biens par testament en 1971. Elle le surnommait affectueusement « tonton bistouri ».Fils d’un épicier landais, Fernand Laporte était un homme immensément riche. Propriétaire de plusieurs immeubles, d’une villa au Cap Ferret, de terrains sur le bassin d’Arcachon, d’un millier d’hectares de forêts dans les Landes, il s’intéressait de très près à la bourse. Au point, semble-t-il, d’avoir accumulé d’importantes plus-values.À son domicile, il recevait parfois la visite d’un banquier suisse à qui il avait confié la gestion de ses placements. À la mort du professeur, en 1999, Jeanine Terrasson a très certainement « hérité » d’une partie de ses comptes. » 

Voilà l’explication du secret dont Jeanine Terrasson entourait l’origine de son important patrimoine. Le mystère est percé : la fortune de Jeanine Terrasson pourrait tout simplement provenir de la générosité de celui qui était devenu son compagnon, qui l’avait faite sa légataire et à qui elle avait elle-même légué ses biens par testament en 1971.

On en arrive, à ce stade, au niveau du cas pratique pour examen de sortie des étudiants du Centre de Formation Professionnelle des Notaires. Cette révélation aura pour principal effet de diluer considérablement l’aspect manichéen de l’affaire Terrasson : d’ignobles charognards désireux de s’emparer des économies d’une petite vieille. Tout un pan de la rhétorique journalistique s’effondre devant les accusations de captation d’héritage portées par la fille du professeur à l’encontre cette fois de Jeanine Terrasson. L’histoire devient franchement beaucoup trop complexe pour permettre à Sud-Ouest de continuer à servir à ses lecteurs le brouet simpliste et caricatural auquel ils ont eu droit jusqu’à présent. L’heure est désormais à davantage de prudence, dans l’attente du résultat des investigations conduites en Suisse par les enquêteurs sur commission rogatoire.  

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